La 34ème cérémonie des Césars sera boycottée par Dany Boon. L’acteur/réalisateur/scénariste le plus vendeur de 2008 a exposé fort simplement ses raisons : « Le succès fait des jaloux, alors je n’irai pas aux César. Je propose en revanche que l’on crée un César de la Meilleure Comédie pour l’année prochaine, car la Comédie c’est quand même la base du cinéma. Si les organisateurs acceptent de créer cette récompense pour l’année prochaine, je suis d’accord pour venir le remettre en 2010 ! »
Mais remettre en cause la quasi absence au sein des nominations du film ayant battu tous les records de fréquentation – car c’est de cela qu’il s’agit – ne revient-il pas à remettre en cause la légitimité même des Césars ? Pourtant, comme pour les Oscars, les Césars ne sont pas le reflet du box office. Il s’agit simplement des courbettes que la profession se fait à elle même. Alors oui au coeur de ces singeries les téléfilms sortant sur grand écrans sont oubliés. Mais faut-il vraiment s’en plaindre ? Car tous les navets de l’année ne sont pas pour autant écartés de la liste des nommés : Vilaine y est présent pour le meilleur espoir féminin tandis que Les Ch’tis est candidat au meilleur scénario.
Cependant est-il vraiment juste de pleurer l’absence de ces comédies dont la qualité cinématographique est réellement douteuse? La réponse est sans doute simple. Mais ce qui est plus complexe revient à se questionner, au-delà des Césars, sur la qualité du cinéma français contemporain. Sur sa qualité et sur le regard porté dessus par la profession même.
Car au-delà de l’abysse qui existe entre les goûts du public de masse et l’autoregard de la profession, la question posée par Dany Boon a le mérite de nous inviter à porter un regard critique sur les films français sortis en 2008. Et à part quelques exceptions ce fut une année bien pauvre.
Quels sont les films ayant marqué cette année écoulée? Les Ch’tis s’inscrit évidemment en tête, mais uniquement pour l’extraordinaire chiffre de fréquentation en salle. En remportant la Palme d’Or, Entre les murs laissa à penser que le cinéma français avait le vent en poupe … Mais n’oublions pas l’accueil pitoyable qui fut réservé à Un conte de Noël lors de sa projection en sélection officielle au sein de ce même festival de Cannes. Nicole Garcia se sentit alors obligée de prendre la défense d’un cinéma indépendant qui a de plus en plus de mal à exister et surtout à être diffusé en France. Car le cinéma français devient lentement mais sûrement le fruit de la seule télévision ; « mère productrice » …
Entre le film de Danny Boon et celui de Laurent Cantet – loi du grand écart car tout oppose ces films – il y a une bal improbable de tout et de n’importe quoi. Dans cette dernière catégorie de manière non exhaustive nous retrouvons : Cliente de Josiane Balasko – un réel désastre cinématographique, Vilaine dont le succès en salle laisse interrogatif, Agathe Cléry, Baby Blues, Les insoumis, Nos 18 ans ou encore Mes amis, Mes amours. À ses films pourtant sont souvent associés des grands noms du cinéma qu’il s’agissent des réalisateurs ou encore des acteurs … Mais voilà la qualité tant des scénari que de la réalisation est souvent plus que douteuse : le cinéma français moyen se porte mal, bien mal.
Parallèlement à ces films, qui ont pourtant un bon succès en salle, quelques rares perles pointent le bout de leur nez : Sagan, Les Bureaux de Dieu, Largo Winch, Stella … ou encore Versailles. Des films fort différents pour souligner, justement, la diversité du cinéma français de qualité. Des films pourtant oubliés ou presque par les Césars. Comme quoi Les Ch’tis ne sont pas les seuls.
Si l’on se penche sur la liste des nominations Le Premier jour du reste de ta vie, Il y a longtemps que je t’aime, Mesrine et Un conte de Noël sont les seuls qui semblent tirer leur épingle du jeu. Aussi cette liste semble bien diversifiée. Certes beaucoup de films en sont cruellement absent. Mais qui a dit que les Césars sont porteur d’une réelle crédibilité ? Il ne sont que le reflet d’une succession de choix : Tous les films pouvant prétendre à une nomination ne sont pas forcément postulant, les courbettes des uns envers les autres sont souvent encadrées par une promotion fort particulière … en soi c’est la règle de l’entonnoir. Alors bon sans doute Dany Boon a-t-il raison de demander la création d’une catégorie spécifique pour les comédies … Mais la vraie solution n’est-elle pas d’accepter que la Cérémonie des Césars n’est qu’une démonstration pleine de paillettes.
Retrouvez les toutes les nominations ici et les résultats en direct dès ce soir.
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