Critiques

Panique au Village

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Cow-boy et Indien sont des professionnels de la catastrophe. Dès qu’ils ont un projet, le chaos sort de sa boîte. Cette fois, ils veulent souhaiter un joyeux anniversaire à Cheval. Quel cadeau ? Un barbecue à faire soi-même ! Belle idée, sauf que la commande dérape, et que Cow-boy et Indien se font livrer un milliard de briques ! Ce n’est plus un anniversaire, c’est un tsunami ! La maison de Cheval disparaît sous les briques, écrasées. Il faut la reconstruire ! Tu parles d’un anniversaire ! Surtout que des voleurs s’emparent des murs dès qu’ils sont bâtis ! Décidemment, Cheval ne pourra jamais profiter de ce jour spécial pour rejoindre la pouliche qu’il aime, Madame Longrée, et qui donne des leçons de piano au conservatoire d’à côté. Au lieu de cela, il devra affronter d’improbables créatures sous-marines, un ours en colère, trois scientifiques fous et une matriarche psychopathe. Un voyage au centre de la terre, dans des steppes enneigées, dans un monde sous-marin, qui leur fera vivre une panique au village comme ils n’en ont encore jamais connue.

Panique au Village s’impose sur grand écran comme un rayon de soleil irradie et ce malgré un dynamisme quelque peu bancal. Si la transposition du court au long n’est pas une pleine réussite sur le plan scénaristique, elle a le mérite de nous convier à une drôle de kermesse à la fois absurde et chaleureuse.

L’univers créé par le duo de réalisateurs est singulier, non seulement en ce qui concerne le travail de la matière mais plus encore au travers de la dynamique d’écriture. Si un réel sentiment de belgitude prend place, tant dans les accents que dans le rapport aux objets, il s’accompagne d’une logique absconse, à la fois loufoque et absurde. Une absence de rationalité proprement enivrante qui cependant s’accompagnent de quelques failles due à la durée même du film.

Alors que cette non logique à la fois du rapport à l’objet et de la nature identitaire même des protagonistes est le garant de cet univers particulier, d’une séquence à l’autre la fonction des objets ou la caractérisation de certains personnages semble disparaître sans autre raison que la complexification scénaristique que cela engendrerait. En somme l’absurde rapport aux choses qui tient dans les courts métrages de la série – d’un épisode à l’autre la rationalité peut différer – apparaît un peu trop souvent n’être ici qu’un prétexte au rire : contentement d’une trouvaille en soi drôle et intéressante mais qui disparaît sans être épuisée.

Si les voix établissent indéniablement une atmosphère particulière allant du pittoresque belgo-belge au cinéma glamour – la voix de Jeanne Balibar est un pur régal – la force de cette mise en place est aussi due au soin accordé à la création des décors et des accessoires. Ainsi, par exemple, du conservatoire de musique transpire une impression empreinte de nostalgie et d’émerveillement : cette pure construction, à la fois caricaturale et fantasmagorique, est étrangement juste. L’écriture et la mise en scène de chacune des séquences est chaque fois intelligente ; toutes sont remplies de détails et d’astuces proprement délectables.

Cependant alors que l’ouverture du film sur une animation en dessin 2D est très intéressante – par rapport au questionnement induit sur le travail de la matière – les incrustations ponctuelles sont quant à elles décevantes. Car elles aplatissent le dynamisme même de la technique d’animation-figurine.

Toutefois Panique au Village, en dépit des longueurs et d’une certaine irrationnalité, est un premier long métrage réussi. Un divertissement original et singulier par lequel nous ne pouvons qu’être séduit.

Retrouvez les horaires des séances par ici et la bande-annonce ci-dessous.

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