
Oskar est un adolescent fragile et marginal, totalement livré à lui-même. Pour tromper son ennui, il fait les 400 pas au fond de la cour enneigée de son immeuble, et imagine des scènes de vengeance sur les garçons de sa classe qui le maltraitent. Quand Eli s’installe avec son père dans l’immeuble d’à côté, Oskar trouve enfin quelqu’un avec qui se lier d’amitié. Ne sortant que la nuit, et en T-shirt malgré le froid glacial, la jeune fille ne manque pas de l’intriguer. Lorsqu’une série de morts sanglantes auront lieu dans la région, l’imagination d’Oskar ne fera qu’un tour. Eli est un vampire. Leur complicité n’en pâtira pas pour autant, et deviendra même un motif de survie.
Passé inaperçu dans notre plat pays, Let the Right One In est pourtant LE film à voir cet été. Loin des explosions de Michael Bay ou des tours de sorciers d’Harry, ce film suédois surprend et séduit avec un thème mainte fois revisité, celui des vampires.
L’originalité vient en partie de l’utilisation d’enfants en guise de protagonistes principaux. Il est vrai que depuis Kristen Dunst dans Entretien avec un Vampire, rares sont les enfants s’étant essayés aux longues canines. Ici la magie opère dès les premiers plans, car ce choix n’enlève rien à les violences de certaines plans. Entre deux scènes calmes et plutôt douces, Tomas Alfredson nous rappelle qu’Eli a besoin de sang. Ce contraste, entre l’histoire d’amitié d’Oskar et Eli et la violence qu’engendre son statut, est une autre grande réussite de ce film. Comme si l’histoire se dédoublait, nous offrant aussi biens une histoire d’amour naissante que des plans remplis d’hémoglobines à faire pâlir certains films d’horreurs actuels.
Outre un casting étonnant (les deux enfants sont incroyables), Let the Right One In installe également une ambiance lourde, comme si le temps s’était figé. Ce que certains appelleront des lenteurs sont à mes yeux nécessaires à l’histoire. Ils nous amènent instantanément dans cette Suède glaciale et constamment plongée dans la pénombre (à l’instar de 30 Jours de Nuit, qui en avait fait son postulat de départ). Et quand la lumière revient, on aurait préféré resté dans le noir. Sur un lac gelé transformé en patinoire ou dans une piscine municipale, le sang n’est jamais loin.
Profitez donc de ce petit chef d’oeuvre dans sa version d’origine, avant le remake inévitable que les américains préparent. Un remake qui prouve le succès et la réussite de ce film, et qui ne fera qu’agrandir l’écart entre les bonnes idées et le manque d’inspiration régnant outre-atlantique.
Retrouvez les horaires des séances par ici et la bande-annonce ci-dessous.
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