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Inglourious Basterds

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Dans la France occupée de 1940, Shosanna Dreyfus assiste à l’exécution de sa famille tombée entre les mains du colonel nazi Hans Landa. Shosanna s’échappe de justesse et s’enfuit à Paris où elle se construit une nouvelle identité en devenant exploitante d’une salle de cinéma. Quelque part ailleurs en Europe, le lieutenant Aldo Raine forme un groupe de soldats juifs américains pour mener des actions punitives particulièrement sanglantes contre les nazis. « Les bâtards », nom sous lequel leurs ennemis vont apprendre à les connaître, se joignent à l’actrice allemande et agent secret Bridget von Hammersmark pour tenter d’éliminer les hauts dignitaires du Troisième Reich. Leurs destins vont se jouer à l’entrée du cinéma où Shosanna est décidée à mettre à exécution une vengeance très personnelle…

Après les mauvais échos du dernier festival de Cannes et les rumeurs d’un retour en studio pour raccourcir le film, on ne savait plus trop quoi penser d’Inglourious Basterds. Au fil de sa carrière, Tarantino a toujours surpris son public et s’est constamment renouvelé. Mais ce film, dont il parle depuis plus de 8 ans, était-ce le bon choix?

Il nous faudra à peine 5 minutes pour en être convaincu. Oui, le grand Tarantino est de retour. Et il fait ce qu’il sait faire de mieux : écrire d’excellents dialogues. Dans une scène d’intro extrêmement tendue, il introduit un personnage voué à devenir culte. Le colonel Landa, interpellé par Christoph Waltz (prix d’interprétation masculine à Cannes), s’impose dans une petite maison de campagne. Sous des airs faussement poli, il est celui que l’on surnomme « le chasseur de juifs ». Dans un dialogue de plus de 20 minutes, il nous oblige à retenir notre respiration, même quand il parle de lait. A l’instar de Reservoir Dogs et la scène de Madonna, Tarantino excelle quand il s’agit de parler de tout et de rien.

Il en profite d’ailleurs pour nous signaler que le film sera polyglotte. Dans ces 20 minutes d’intro, on passera du français à l’anglais, en passant par l’allemand. Le tout le plus naturellement du monde. Le réalisateur se joue des conventions cinématographiques (cfr. Valkyrie, où tous les personnages allemands s’exprimaient en anglais). Si il passe à l’anglais subitement, ce n’est pas pour faire plaisir à un public américain peu habitués aux sous-titres. Non, ce choix se justifie dans le scénario, ce qui est assez rare et mérite d’être souligné.

Le deuxième chapitre (sur cinq) voit l’arrivée des Basterds du titre. Brad Pitt, excellent comme toujours, permet de relâcher un peu la tension, grâce notamment à un visage et un accent hilarant. Jouissive à souhait, l’introduction des Basterds n’est pourtant que de courte durée. Et c’est là que Tarantino risque d’en perdre plus d’un. Car contrairement à ce que l’on pourrait croire, les Basterds ne sont pas le centre du film. Ce choix, qui peut paraître étrange de prime abord, se justifie par la suite. Si Tarantino ne suit pas la troupe de Brad Pitt pendant 2h30, c’est pour éviter de refaire un Kill Bill allemand. Là où Uma Thurman trucidait tout ce qui bouge à coup de sabre pendant de longues scènes, Brad Pitt scalpe des nazis pendant 5 minutes, pas plus.

Et c’est mieux comme ça. Cela permet de mettre en avant Mélanie Laurent et son plan un peu fou. Car non content de rendre hommage aux films de guerres, Tarantino rend hommage à tout le cinéma de cette époque. Un cinéma qu’il érige au niveau d’arme de destruction. Le symbole est fort, et si Tarantino était à la fin de sa carrière, on pourrait dire que la boucle est bouclée.

Inglourious Basterds est donc un chef d’oeuvre de plus à rajouter à la liste du maître du cinéma us. Un film qui mérite d’être vu et revu, pour y déceler toutes les subtilités, bien cachées dans cette histoire de seconde guerre mondiale telle qu’on aurait aimé la connaître.

Retrouvez les horaires des séances par ici et la bande-annonce ci-dessous.

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