Critiques

The Informant !

alt text

Quelle mouche a donc piqué Mark Whitacre ? Pourquoi un des cadres supérieurs les plus brillants du géant agroalimentaire Archer Daniel Midlands (ADM) décide-t-il soudain de dénoncer les pratiques de sa société et de devenir le chevalier blanc du consommateur ? Se prend-il pour un justicier ? Un héros ? Espère-t-il une médaille ou la reconnaissance éternelle du bon peuple ? Avant d’obtenir tout cela, Whitacre va devoir fournir au FBI des preuves concrètes des manœuvres illicites d’ADM. Porter un micro, jouer les agents secrets… L’ennui, c’est qu’il a tiré lui-même des profits non négligeables des dites manœuvres, et que son témoignage, pour le moins… fluctuant, risque fort de compromettre le travail des enquêteurs. Peut-on se fier à cet homme à l’imagination galopante? Y a-t-il la moindre parcelle de vérité dans ses allégations ?

The Informant, le nouveau biopic de Soderbergh, redonne de la sympathie pour son réalisateur. Alignant un casting certes peu connu du public européen mais tout à fait bluffant (ne loupez pas Joel McHale de la série Community), Soderbergh renoue avec le succès et livre un long métrage tragico-comique de la trempe de ces Ocean. De plus, Matt Damon est exceptionnel de moustache et de poignées d’amour. Après ces 2 Che, rien ne fait plus plaisir que de voir Soderbergh revenir à son réel niveau.

Tiré d’une histoire vraie, on suit Mark Whitacre, cadre prometteur chez ADM, s’enfoncer dans ses mensonges, ceux-ci toujours plus gros et plus pervers. Soderbergh traite l’étrange destinée de Whitacre avec humour et légèreté. Alors que ses mensonges font tomber une pratique importante du fonctionnement des affaires dans les années 90, Soderbergh, aidé par un Matt Damon de première classe, croque un portrait bienveillant d’un arnaqueur un peu gauche et surtout naïf.

Même si sa réalisation est remplie de tics des Ocean, Soderbergh maîtrise son sujet autant que ses effets et déçoit rarement. Les 2 ou 3 coups de mou du scénario passeront presque inaperçus, maquillés par une interprétation de premier ordre de l’entièreté du casting. Quant à l’ambiance 90’s, il n’y a aucun problème. Soderbergh la dépeint à merveille autant esthétiquement que dans la photographie.

Si au début, l’interprétation de Damon se rapproche beaucoup de celle d’un Clooney (il est quand même producteur du film, tiens, tiens), il prend très vite ses marques et s’approprie sans difficulté Whitacre. Sans conteste, un de ses meilleurs rôles. Une des rares exceptions de ces dernières semaines, The Informant ne décevra pas son public.

A voir sans hésitation.

Retrouvez les horaires des séances par ici et la bande-annonce ci-dessous.

Commentaires

Aucun commentaire pour “The Informant !”

Laisser un commentaire

Derniers commentaires