
Une ancienne avocate reprend du service pour plaider sa cause et celle de son mari lorsque sa fille de 11 ans les attaque en justice pour demander son émancipation. La jeune fille leur reproche d’avoir été conçue dans le seul but de disposer d’un individu compatible génétiquement avec sa soeur rongée par le cancer, dans l’espoir qu’elle puisse prolonger la vie de celle-ci.
Nick Cassavetes aime faire pleurer dans les chaumières, c’est un fait. She’s So Lovely, John Q, The Notebook, autant de films larmoyants au possible au point de devenir des références. Après un petit écart en 2006 avec Alpha Dog, le fils du grand John Cassavetes revient faire ce qu’il fait de mieux : nous titiller la corde sensible. En adaptant le roman éponyme de Jodi Picoult, on pouvait s’attendre à faire tripler le chiffre d’affaire de Kleenex. Bingo !
Le sujet lourd qu’aborde le film (le cancer et ses ravages, sur un enfant et sa famille) est très casse gueule, mais le réalisateur, aidé par un casting formidable (enfin, sauf toi, Jason Patrick) relève le défi haut la main. Jamais il ne s’en éloigne, au risque d’en faire trop. Le cancer est au centre du film et les personnages gravitent autour, sans y rajouter d’autres problèmes. Et quand un film de ce genre est capable de se retenir de verser inutilement dans le pathos, il s’agit là probablement de la plus grande forme d’intelligence. Malgré tout, le film n’est pas parfait. Au rayon des reproches, la voix off beaucoup trop présente risque d’en rebuter plus d’un. Chaque membre de la famille y va de son petit avis, non pas qu’il s’agisse là d’une mauvaise idée, mais la lourdeur du procédé utilisé nuit à la force et à la simplicité du film. Les flashbacks se suffisent à eux-même, chaque personnage ayant droit au sien, même si le frère, personnage pourtant fort intéressant car quasiment muet face à la douleur, est sous-exploité. Dommage. Autre reproche, liée au genre cette fois-ci, concerne l’utilisation excessive de passages musicaux au ralenti, où les Kleenex seront plus qu’utiles. Une fois ça va. Au bout du cinquième interlude musical, on commence à saturer.
Mais la qualité du casting et le questionnement éthique que soulève le film reprennent facilement le dessus sur ces quelques futilités. On parle d’ailleurs beaucoup de Cameron Diaz, qui après The Box, surprend avec des rôles plus dramatiques, loin de son image de nunuche. Elle est ici formidable en mère aveuglée par l’espoir, même si elle se fait voler la vedette par l’incroyable Abigail Breslin. La jeune actrice de 13 ans, révélée par Little Miss Sunshine, emporte tout sur son passage. Et tacle méchamment les enfants stars qui ont fait parler d’eux avant de disparaitre totalement de la surface de la terre (Macaulay Culkin ou Haley Joel Osment) ou se sont perdus dans des productions merdiques (Dakota Fanning). Abigail Breslin sait jouer et le prouve. Les confrontations avec sa famille ou les discussions avec son avocat sonnent incroyablement juste. Ne la perdez pas de vue, elle sera à nouveau sur nos écrans début 2010 dans le jouissif Zombieland.
Le reste du casting n’a rien à leur envier pour autant, avec un Alec Baldwin plus en forme que jamais depuis son retour au 30 Rock et Evan Ellingson qui révèle tout son talent après être passé dans un tas de séries sans intérêt (Les Savages, CSI, 24, etc…). Seul Jason Patrick et son unique expression faciale semble se faire chier. Les sensations que procure le pilotage d’un énorme paquebot doivent sans doute lui manquer.
Bref, pour faire simple, My Sister’s Keeper est une réussite et mérite fortement qu’on lui donne une chance.
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