Sur la lointaine planète de Pandora, Jake Sully, un héros malgré lui, se lance dans une quête de rédemption, de découverte, d’amour inattendu, dont l’issue sera un combat héroïque pour sauver toute une civilisation.
La petite entreprise de James Cameron ne semble pas connaître la crise. A une époque où tout va mal, Monsieur Titanic sort l’arme suprême en terme de marketing : réaliser le film le plus cher de l’histoire du cinéma. Quelques 300 Millions de dollars pour le film, 500 si on inclus le marketing, forcément ça fait parler. D’ailleurs la presse (qui comme à son habitude parle sans voir) est en boucle sur les détails croustillants du communiqué de presse. James Cameron a mis plus de 15 ans avant de réaliser cette histoire (waw !), la technologie utilisée est aussi révolutionnaire que le passage du noir et blanc à la couleur (re-waw !) et la 3D, arrivée à maturité, termine d’enfoncer le clou.
Forcément, face au talent des marketeux de génies qui peuplent les studios américains, il devient très difficile de ne pas être curieux. Pourtant en sortant de la salle après 2h40 interminables, on se demande bien ce qui a pu nous attirer. On savait tous que l’histoire n’allait pas être géniale. Cameron est son égo démesuré ne voulant pas déléguer, il est contraint de s’occuper de tout comme il le peut. Et face au chantier titanesque qu’à du être le film, on imagine sans peine qu’il n’a pas pu se concentrer à 100% sur chaques aspects. Le scénario est donc le premier à en pâtir. Avatar n’est qu’une vulgaire version moderne de Pocahontas, sans la BO chantée par les Natives (bien que Leona Lewis pourrisse le générique de fin comme l’avait fait Celine Dion pour Titanic). Une méchante armée américaine plus débile que jamais, même dans le futur, souhaite extraire un minerai précieux permettant de sauver la terre. Manque de bol, le minerai se trouve en dessous d’un gros baobab où vivent les Na’vis, un peuple tout laid et tout bleu. Un marine est alors envoyé en éclaireur mais tombe amoureux de la fille du chef de village. Le tout sur fond de leçon écologique, pour nous, pauvres humains pollueurs que nous sommes. Et c’est parti pour 2h40 des dialogues ridicules (en gros les méchants sont très méchants, les gentils sont très naïfs) mélangés à un langage inventé de toute pièce et lui aussi complètement ridicule (d’autant plus qu’il ne sert strictement à rien puisque tout le monde parle anglais). Les scènes toutes plus prévisibles les unes que les autres s’enchainent sans jamais nous laisser respirer. Le film ne semble jamais vouloir s’arrêter, retardant la confrontation finale tellement loin (après 2h10 de course sur des troncs d’arbres mousseux comme dans le Tarzan de Disney) qu’on s’en tape complètement une fois celle-ci commencée. Bref, on se doutait que l’histoire n’allait pas être top, mais pas à ce point. Avatar est une film américain très cher qui réussit un pari fou : être aussi chiant qu’un film français. Bravo James…
Mais les plus geek d’entres vous me diront que l’histoire passe ici au second plan. C’est surtout la technique qui est important. Mouais hein… Déjà, il faut réussir à passer outre le côté über-chiant de l’histoire, ce qui n’est pas une mince affaire. Et quand le côté technique déçoit lui aussi, on se demande ce qu’on fout devant ce film et pourquoi on s’est pas encore cassé de la salle. Bon, oui, Avatar est très joli. Y’a de jolis décors, l’animation est elle aussi jolie. Mais ça s’arrête là. Y’a ce côté tout joli tout gentil qui en 2009, ne fait pas un film selon moi. D’autant plus que Cameron semble avoir pioché honteusement dans le catalogue de National Geographic pour ses décors et mélangé le tout avec des monstres au design douteux. Difficile de ne pas citer Hugues Dayez quand il décrit ces animaux comme des « recalés au casting de Jurrasic Park » tant cela est vrai. Et puis Cameron ne s’est pas foulé car il doit y avoir 5 animaux différents à tout casser, qui reviennent en boucle (méchants et agressifs au début, gentils et dociles à la fin, cela va de soi). La camera, elle, nous entraine à travers des arbres du début à la fin, sur cette planète Pandora qui semble finalement minuscule. Mais attention, les arbres sont super bien fait hein… Je vous avoue qu’encore maintenant, je cherche où est la révolution tant attendue. Car si le futur du cinéma se résume à des plans à la Yann Arthus-Bertrand filmant en 3D la rencontre entre Nicolas Hulot et Pocahontas, on est pas dans la merde. Et tant que nous y sommes, parlons-en de cette fameuse 3D. Avec la motion capture, la 3D était l’élément qui a empêché Cameron de réaliser ce film avant. Alors pourquoi avoir attendu tout ce temps quand on voit le résultat final? Car de tous les films en 3D qui m’a été donné de voir depuis le boum de cet été, Avatar est celui qui m’a le moins impressionné. 3D ou pas, c’est pareil tant la profondeur qu’elle apporte semble ridicule. A aucun moment je ne me suis senti plongé dans cet univers verdoyant. Dommage.
Au final, quand on additionne un scénario ridicule, une 3D sous-utilisée, un univers faussement riche et des dialogues de telenovelas, on se retrouve devant le plus gros gâchis de ces 10 dernières années. Qu’à cela ne tienne, le film fera un carton et son côté « révolutionnaire » (j’insiste fortement sur les guillemets) marquera probablement une génération de jeunes branleurs comme la génération Star Wars qui, plus de 40 ans plus tard, continue de nous faire chier avec un film qui au départ n’est pas franchement terrible. Pour terminer, un mot sur deux éléments eux aussi raté : l’horrible BO de James Horner, pompeuse à souhait et dégoulinante de bons sentiments, et le casting mauvais et/ou sous exploité. Du côté des mauvais, Sam Worthington démontre une fois de plus les limites de son jeu d’acteur (il peut d’ailleurs remercier son avatar, qui lui sauve la mise et nous empêche de voir ses expressions faciales limitées). Et chez les sous-exploités, le talent de Sigourney Weaver et de Giovanni Ribisi est complètement gâché par une très mauvaise direction d’acteurs.
Une autre partie dont James « multitâche » Cameron n’a pas pu s’occuper à plein temps. Une de plus…
- Les horaires des séances classiques
- Les horaires des séances en 3D
- La bande annonce
Bien de chercher à avoir quelque chose à dire. Je pense que ce film n’a pas parlé à vos émotions mais qu’à votre tête de critique. C’est dommage.. Je trouve ce film courageux et si l’homme est dépeint tristement dans l’histoire, cela ressemble fort à ce côté destructeur qu’il y a en chacun de nous. Une dualité nous habite,et je trouve que le film arrive avec ses moyens à nous transporter hors de nous-même et à l’intérieur,au fond de nous.
Un critique reste un spectateur et le fait d’écrire un article après la vision du film ne change en rien mon avis. J’étais parti pour aimer (Cameron, film soi-disant révolutionnaire, sfx jamais vus, etc…)
Au final, j’ai été déçu et pas qu’un peu. J’ai vraiment du mal à comprendre ce qu’on peut trouver à ce ramassis de connerie. Certains films ont des sfx bien meilleurs, une véritable utilisation de la 3D et surtout, un putain de scénario en béton.
Il faudra m’expliquer en quoi ce film est « courageux », si ce n’est d’oser se dévoiler au public alors que rien ne semble finalisé. Et si un film où d’horribles indigènes bleus maquillés par une amatrice sur un stand de marché arrive à vous transporter « hors de vous », c’est la drogue qui fait effet. Et non la qualité du film.
Après, libre à vous d’apprécier hein… Mais je pense que quand la hype autour de ce film va redescendre, James Cameron et tous les fanboys qui l’entourent vont tomber tellement bas qu’ils auront du mal à s’en relever sans honte.
Sans rancune