Critiques

[Rec]²

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Les autorités viennent de perdre le contact avec les occupants de l’immeuble mis en quarantaine. Personne ne sait vraiment ce qui se passe à l’intérieur. Dehors, le chaos règne…La brigade d’intervention spéciale, équipée de plusieurs caméras et envoyée sur place pour analyser la situation, va devoir affronter une menace bien réelle…

[Rec] avait été pour pas mal de monde une excellente surprise. Un immeuble en quarantaine, une journaliste et son cameraman pris au piège, le tout filmé à la lampe torche et à l’infra rouge. La mission de Jaume Balaguero et Paco Plaza était plus que réussie. La tension était à son comble et la réalisation réduite à une seule camera nous scotchait à nos sièges. Mais une deuxième volait était-il vraiment nécessaire? Et bien fincancièrement, oui. L’argent appelle l’argent et le cinéma espagnol ne pouvait passer à côté d’un second succès international.

Retour donc dans ce fameux immeuble… Très vite, la question de savoir qui filmera trouve une solution facile : il s’agira des forces spéciales d’intervention, munis de cameras sur leurs casques. Mouais. La multiplication des points de vue révèle très franchement le manque d’idée du duo de réalisateurs. Ici, chaque membre de l’équipe peut s’aventurer dans son coin tout en étant relié aux autres par sa camera. Adieu donc l’effet de surprise. On voit tout, tout le temps, et quasiment à 360°. Et que se passe t-il quand les cameras ne fonctionne plus? On en fait rentrer une nouvelle comme par magie. Rien que ça. Impossible d’en parler plus en longueur sans dévoiler « l’intrigue », mais j’ai rarement vu si peu d’inspiration au cinéma. En plus d’être simpliste, ce procédé réduit à néant les ambitions du premier film. Comment avons-nous pu avoir accès au reportage du cameraman si la cassette n’a pas été retrouvée? Un peu comme si la cassette de Cloverfield n’avait pas été retrouvée par le gouvernement…

Malheureusement, ce n’est pas là le plus gros défaut du film, car côté scénario, c’est du grand n’importe quoi. Un retour dans l’immeuble équivaut à donner un minimum de réponses aux questions soulevées dans le premier film. Questions qui avaient été jusqu’ici judicieusement laissées en suspens. Là non plus, je ne dévoilerai pas la raison de cette infection mais sachez qu’elle est très décevante (et une fois de plus trop simple). Parfois, il est plus intéressant de ne pas donner de réponses et [Rec]², versant dans le surnaturel à 200%, en est la preuve.

Mais la liste des défauts ne s’arrête pas là pour autant. En vrac, les dialogues se résument à quelques phrases bateau répétées en boucles :

- C’était notre dernière chance !
- Donnez l’ordre de nous faire sortir !
- Putain mais c’est quoi ce bordel ?
- Il faut terminer la mission !
- Où te caches-tu ?
- C’était quoi ce bruit ?
- Allumez la lumière !
- Eteignez la lumière !
- Etc…

Les acteurs surjouent chaque scènes comme dans un téléfilm français. Le va et vient de certains personnage est digne d’un mauvais vaudeville (en même temps, existe-il de bons vaudevilles?). Et les effets de cameras sont à vomir. Je ne suis pas contre quelques artefacts permettant de simuler une camera amateur. Mais [Rec]² atteint des sommet de stupidité quand, après une attaque, même la camera est « sonnée ». L’image se dédouble et le son se fait sourd. Il ne manque plus que les oiseaux au dessus de la tête et on se retrouve dans Boule et Bill. Le film est rempli d’effets ridicules, à tel point que rien ne semble avoir été mis en scène. Les réalisateurs ont du se borner à quelques conseils du genre : « toi tu te mets à gauche, toi à droite et toi t’attaques. Tournez dans tous les sens, on s’occupe du reste. ». L’impression qui s’en dégage est d’assister à une copie du film filmée dans une salle alors qu’on a bel et bien payé notre place…

Bref la seule réussite de [Rec]² est de chier sur le premier volet. Et ça, croyez-moi, c’est réussi haut la main.

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