Février 2092, Nemo Nobody a 120 ans. Il est le doyen et le dernier mortel d’un monde heureux peuplé d’immortels. Il revoit en flash back toutes les années passées auprès de sa femme Anna… à moins que ce ne soit Elise ou Jeanne. Son destin s’est joué sur le quai d’une gare, lorsqu’il avait 8 ans, confronté à un choix impossible: partir vivre en Amérique avec sa mère ou rester en Angleterre avec son père. Aventures réelles ou fantasmées, l’effet papillon d’une goutte d’eau ou d’une coquille d’oeuf a modifié le cours de son existence.
Il aura fallu attendre près de 13 ans pour voir enfin sortir ce Mr. Nobody. Jaco Van Dormael qui n’avait plus rien réalisé depuis 7 ou 8 ans s’était enfermé chez lui et attelé à peaufiner son projet. Après moult sorties repoussées, voici donc Mr. Nobody venu sur nos écrans nous conter ses vies supposées.
Riche d’une idée géniale, un enfant qui décida de ne pas décider, le film déroule malheureusement toute une flopée de lieux communs visuels, philosophiques et musicaux. Maîtrisant toutefois tous ces plans, Jaco Van Dormael n’étonne guère dans ses choix cinématographiques et son écriture. Empêtrant de plus belle les quelques bonnes scènes dans des mélodies usées, presque clichées. Musique visiblement mal maîtrisée qui donne cette impression de ne rien y connaître plutôt que cette bonne vieille nostalgie. On aura beau dire que celles-ci représentent bien les différentes époques traversées ou évoquées, la musique de ces dernières années a produit plus que « Where Is My Mind ? » des Pixies, « Mister Sandman » ou encore « Daydream » pour souligner des images. Quant au futur, Enki Bilal n’a pas la palme de la représentation. Espèce de patchwork visuel des films de S-F de ces dix dernières années, Mr. Nobody n’étonne et ne détonne pas.
Quant au casting, qu’il faut bien admettre impressionnant pour une production belge, il peine à convaincre, réservant néanmoins quelques bonnes surprises avec ses plus jeunes acteurs. Mais Jared Leto et Diane Kruger font difficilement croire à une possible love story. Idem pour les seconds rôles ruinés dans des tics de jeux et de mise en scène. Il en faudra plus qu’une belle maîtrise de sa caméra à JVD pour nous convaincre de son propos mâtiné de philo de grand bazar, celle-ci pèle-mêlant joyeusement la physique cantique, des bêtises feng-shui ou encore des pages de syllabus de 1er candi de philo. Les 2h20 du film n’apporte rien de plus au fond qui trépasse sous les coups acharnés de sa forme.
Dommage qu’une idée si forte ne découle pas d’elle-même dans sa forme. À trop grands renforts esthétiques, Jaco Van Dormael la perd et se perd dans ses propres méandres.
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