Critiques

The Road

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L’apocalypse a eu lieu. Le monde est dévasté, couvert de cendres. On ne sait rien des causes de ce cataclysme. Un père et son fils errent sur une route, poussant un caddie rempli d’objets hétéroclites et de vieilles couvertures. Ils sont sur leurs gardes car le danger peut surgir à tout moment. Ils affrontent la pluie, la neige, le froid. Et ce qui reste d’une humanité retournée à la barbarie.

Adaptation du fameux roman de Cormac McCarthy, “The Road” nous entraîne sur les pistes de la survie. Au travers de paysages apocalyptiques, on suit un famélique Viggo Mortensen luttant pour protéger son fils des dangers de ce monde nucléarisé. Jamais vision d’un futur proche n’aura semblé si présente. Comme si l’homme se révélait enfin à lui-même et à ses pairs. De quoi avoir froid dans le dos.

Bien sûr, une adaptation d’un roman n’est jamais facile. Nombreux procédés d’écriture ne peuvent être traités visuellement. Mais ce que propose John Hillcoat dans sa réalisation est bien pensé. Il laisse parfois des bouts de littérature. Des séquences, des plans, sont visualisés de façon très littéraire. Ce qui ne gêne en rien la compréhension de ceux-ci et leur donne une aura surnaturelle venant renforcer le propos du cinéaste. De plus, la photographie augmente l’horreur des scènes et du (mal)traitement de la condition humaine. Un ciel de plomb et une terre noire viennent achever ce tableau apocalyptique, broyant le peu d’espoir qui subsistait. Une réelle réussite visuelle !

Quant au casting, il n’est pas en reste. On découvre luttant dans ce monde régit par la loi du Talion un Viggo Mortensen la chair sur les os, hirsute, impressionnant, au regard bleu perçant sous la crasse. Kodi Smit-Mcphee, dernière lueur d’espoir frémissante sous les bourrasques de l’inhumanité. Charlize Theron, en mère désespérée. Robert Duvall sous les traits émaciés d’un vieillard en haillons dont la seule richesse est sa sagesse. Ou encore un Guy Pierce salvateur. Sans oublier les timides Moly Parker et Garret Dillahunt issus de la série Deadwood et Michael K. Williams (Omar) de The Wire. Que du premier choix!

Âmes sensibles s’abstenir toutefois. Pendant près de 2h, vous serez Dante voyageant en Enfer. Des corps calcinés, en décomposition, mâchonnés, flétris, maltraités; des bâtiments en ruines; des carcasses de véhicules comme seuls habitants des villes fantômes. L’horreur montrée sans détour, misérable, glauque, dans ses atours humains. Hillcoat ne cède pas à la facilité de la situation pour nous en mettre plein les mirettes, il laisse juste ses acteurs être des hommes à la fin du monde. Des animaux, des bêtes habillées de chemises de bûcherons aux dents déchaussées par le manque d’hygiène. L’adage l’homme est un loup pour l’homme n’aura jamais été si bien exposé.

Foncez sans tarder dans les salles obscures découvrir ce qui vous arrivera si ne pensez pas plus à fermer les robinets à fond, débrancher vos chargeurs de GSM une fois celui-ci rechargé ou encore d’arrêter de tirer la chasse d’eau 10.000 fois sur la journée.

Brillant !

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