Le Prince Naveen de Maldonia est transformé en grenouille par le Dr. Facilier, un terrifiant sorcier vaudou. Afin de retrouver sa forme humaine à l’aide d’un baiser, Naveen décide de trouver une princesse et tombe sur Tiana, qui n’est en fait qu’une jeune serveuse. Cette erreur de la part du prince Naveen fait que le baiser a pour seul effet de transformer Tiana en grenouille. Tous les deux décident donc de partir dans les marais de la Louisiane à la recherche de Mama Odie, grande prêtresse vaudou aveugle de 197 ans, qui est la seule à pouvoir briser le sort
Il aura fallu 6 ans aux Studios Disney pour réaliser leur erreur. Celle de vouloir passer définitivement à l’animation 3D en laissant derrière eux ce qui avait fait leur succès, l’animation en 2D. Après un Home on the Range pas fameux en 2004, la transition technologique avait laissé un goût amer chez la plupart des gens. Disney s’est alors effacé peu à peu derrière des films à la qualité moyenne, voire médiocre (Chicken Little, Meet the Robinsons), espaçant les sorties en espérant un jour égaler Pixar, les anciens alliés devenus concurrents. C’est pourtant grâce à Pixar et leur gourou, John Lasseter, que Disney reprend vie. L’homme aux chemises hawaïennes prend les commandes de la maison de Mickey et effectue un grand nettoyage. Première décision : Bolt sera le dernier film des studios Disney à être produit en 3D. Désormais la 3D, c’est Pixar, la 2D c’est Disney. Et tout le monde est content.
The Princess and the Frog marque donc un retour aux sources à plusieurs points de vue. Non seulement le film sera animé à la main, mais il se voit également agrémenté de nombreux passages musicaux, autre marque de fabrique 100% Disney. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le film est réussi ! Dans des décors de Louisiane absolument magnifiques se déroule sous nos yeux une histoire moins classique qu’elle n’en a l’air. Tiana n’est pas la princesse type dont on a l’habitude de voir. Non pas qu’elle soit noire, comme tout le monde s’entête à le signaler (surtout qu’elle est en grenouille le 3/4 du film), mais surtout, car elle dégage un modernisme et un dynamisme loin des princesses sans saveurs d’antan. Tiana à un but dans la vie, ouvrir un restaurant, et compte bien y arriver. Ici, pas de prince charmant qui saura combler tous ses désirs. Au contraire, le prince semble être un grand enfant complètement irresponsable. Et là aussi, ça nous change des princes arrivant sur un grand cheval blanc. Pour accompagner les deux grenouilles, il existe comme toujours chez Disney une galerie de personnages secondaires irrésistibles. Ce 49e classique n’échappe pas à la règle et nous offre des personnages amusants et complètement typés. Avec Ray la luciole, Louis l’alligator trompettiste et Mama Odie, la prêtresse vaudou, on plonge dans un univers jazzy délicieux et qui respire la Nouvelle-Orléans à plein nez.
On reconnait bien là le talent des réalisateurs, John Musker et Ron Clements, à qui l’ont doit Basil Détective Privé, La Petite Sirène, Aladdin, Hercules et plus récemment la Planète au Tresor. Certains de ces films font partie des meilleurs des studios Disney, créant à chaque fois des univers bien spécifiques. Que ce soit les profondeurs des océans, l’Angleterre de Sherlock Holmes, la Grèce antique, l’espace ou l’orient, tous ces films nous ont emmenés dans des lieux magiques pour nous y raconter une histoire. Mais ce qui fait de The Princess and The Frog un grand film, c’est l’ajout de la magie noire, qui offre au film ses plus belles scènes. Hautes en couleurs, elles impressionnent et justifient pleinement le retour à une animation classique. Car il y’a dans ces scènes, plus de vie et d’énergie qu’aucun ordinateur ne pourra égaler. Et de temps à autre, oublier les effets visuels et autres lunettes 3D, ça fait vraiment du bien. Foncez donc sans plus attendre, et plongez dans cette histoire qui vous rappellera certainement vos vieilles VHS Disney que vous repassiez en boucle jusqu’à en user la bande. Quant au plus jeune, ils assisteront à un spectacle visuel et une animation sans faille qu’ils n’ont jamais connus, loin des dessins animés mal foutus diffusés en boucles à la télé.
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