Steven Russell est un homme marié et un père de famille conventionnel. Ce n’est que lorsqu’il est victime d’un grave accident de voiture qu’il va avoir une révélation : il est homosexuel et il a l’intention de vivre sa vie à fond, même s’il doit, pour ça, enfreindre les lois. Steven accumule fraudes et arnaques en tous genres. Il est arrêté et envoyé en prison au Texas. En prison, il tombe amoureux de Philip Morris, le détenu qui partage sa cellule.
« I Love You Phillip Morris » aurait très bien pu s’appeler « You Are A Genius Steven Russel » tant le personnage qu’incarne Jim Carrey est incroyable et culotté. Tiré d’une histoire vraie, le film s’attarde sur ce génie prêt à tout par amour. Steven Russel a un destin atypique. Tellement atypique que l’on est en droit de se poser la question « pourquoi avoir attendu 2010 pour nous raconter la folle histoire de ce mec? ».
Car sous ses apparences de comédie follement gay se cache une succession d’idées géniales et osées. Russel passe de l’hétérosexualité à l’homosexualité en un claquement de doigts tout comme il s’évade de prison à plusieurs reprises sans jamais faire de mal à personne. Dans une interview, il déclara ne jamais s’être évadé, car on l’avait simplement laissé sortir(*). Voilà toute l’ingéniosité du personnage résumée en une phrase. De petits plans simples à d’autres, franchement (trop ?) élaborés et un poil malsains, le film balaye toutes les idées qui ont un jour traversé l’esprit de Russel.
Pour interpréter ce personnage haut en couleur, Jim Carrey se donne à fond et met tout son talent au service de l’histoire, ne tombant jamais dans les extrêmes qu’on lui connait (faire trop de grimaces ou être beaucoup trop sérieux). Il est ici léger comme le sujet, ce qui n’est pas une mince affaire quand on connait la folie gay qui s’empare de Russel après son accident. C’est plutôt Ewan McGregor, plus en retrait (et aussi un peu moins bon) qui s’occupe de jouer les grandes folles décolorées. Avec son piercing et ses t-shirts moulants, l’acteur continue de prouver qu’il sait se glisser dans n’importe quel rôle avec une aisance déconcertante. La scène des messages dans les emballages de chocolats en est la preuve parfaite. A croire que McGregor a toujours été homo.
Le duo de réalisateur Glenn Ficarra et John Requa (à qui l’on doit le scénario de Bad Santa) signe donc un excellent film, frais, léger et osé que je ne peux que vous conseiller. Pour ceux qui ont vu le film, retrouvez l’interview très intéressante du vrai Steven Russel ci-dessous. Quant aux autres, évitez de vous spoiler en la lisant et foncez plutôt voir ce film très rafraichissant.
* »I didn’t break out. They opened the door and let me through »
- L’interview de Steven Russel (attention, spoilers !!)
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- La bande annonce
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