Los Angeles, 1962. Depuis qu’il a perdu son compagnon Jim dans un accident, George Falconer, professeur d’université Britannique, se sent incapable d’envisager l’avenir. Solitaire malgré le soutien de son amie la belle Charley, elle-même confrontée à ses propres interrogations sur son futur, George ne peut imaginer qu’une série d’évènements vont l’amener à décider qu’il y a peut-être une vie après Jim.
Après s’être occupé de Gucci pendant plusieurs années, le génial Tom Ford se penche sur le 7e art en adaptant le roman éponyme de Christopher Isherwood. Le résultat? Un film à l’esthétique ultraléché, mais au scénario parfois trop mou. Visuellement, il faut dire que Ford s’y connait pas mal. Des costumes aux décors, en passant par certains plans quasiment chorégraphiés, tout est mis en scène avec talent. Colin Firth se balade dans une sublime maison, avec des chemises parfaitement repassées, et va jusqu’à ranger son bureau de façon à ce que tous les éléments y soient correctement disposés. Se mêlent également plusieurs références parfois trop poussées, mais toujours bienvenues, comme le faux James Dean, la fausse Brigitte Bardot et l’ambiance Grease sur certains plans. Pourtant, l’histoire de cet homme seul, au coeur brisé suite à un tragique accident, peine à convaincre sous cette couche hautement élégante.
Tom Ford prend son temps avant de faire décoller son histoire. Et ce n’est que lors de l’arrivée de la toujours parfaite Julianne Moore que le film reprend vie. Sans se débarrasser du look 60’s et de l’esthétique qui l’accompagne, Ford réveille son acteur principal et crée une tension sexuelle parfaite entre Colin Firth et Nicholas Hoult. Une tension qui restera malheureusement au stade de l’envie, sans jamais passer à l’acte. Les acteurs se rapprochent jusqu’à se frôler, mais tout est très vite désamorcé. Le spectateur est alors pris pour un con puisque Ford continue, après 1h de film, d’accumuler les sous-entendus sexuels alors que tout le monde a compris depuis bien longtemps.
A Single Man reste donc un joli film, mais doté d’un scénario qui aurait mérité autant d’attention que le côté visuel. Beaucoup trop renfermé sur lui-même, ce premier essai de Tom Ford frustre plus qu’il n’excite. Mais pour une première réalisation, on ne peut que saluer l’audace de l’artiste. En espérant que le deuxième film sera meilleur.
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